Récentes réflexions

Dr Godfrey discute des technologies en cette ère de médecine

30 novembre 2017

Un des médecins pratiquants parmi les plus âgés de l’Amérique du Nord reconnaît le potentiel des technologies numériques en santé.

Il est à peine passé 10 h, ce mardi, à la clinique Albany de Toronto, et le Dr Charles Godfrey affiche quelques minutes de retard à son horaire de rendez-vous. Il vient de passer 45 minutes avec une patiente en rétablissement dont l’état a exigé son attention quelques instants de plus.

Non, il ne s’agit pas d’une plainte. Au contraire. Le Dr Godfrey, qui vient de célébrer son 100e anniversaire en septembre, en compagnie de l’ancien premier ministre de l’Ontario, Bob Rae, et du diplomate Stephen Lewis, savoure chaque instant passé avec ses patients. Il ne voudrait pas qu’il en soit autrement.

De son propre aveu, le docteur Godfrey a une approche traditionaliste dont il est fier. C’est-à-dire qu’il traite d’abord et avant tout des êtres humains, la maladie ou le problème perçu étant secondaire de prime abord.

Interrogé sur la philosophie derrière sa vision des soins aux patients, il répond : « Je m’intéresse aux personnes. Ce sont elles qui me fascinent. J’adore travailler avec les gens. »

Le Dr Godfrey compte parmi les plus vieux médecins pratiquants de l’Amérique du Nord, dont peu sont aussi occupés que lui. Diplômé de la Faculté de médecine de l’Université de Toronto en 1953, il poursuit ses études en neurologie à l’Université d’Oxford. Aujourd’hui, il travaille quatre jours par semaine dans quatre cliniques différentes, dont celle d’Albany, où il agit comme consultant en réadaptation.

« Je suis constamment titillé à l’idée de revenir aux années 50 et d’écrire à la main l’historique de mes patients, parce que c’est ce que nous faisions à l’époque », dit-il, réfléchissant à ses 65 années de carrière menée à travers le monde dans non moins de 40 pays.

Pourtant, son ouverture envers la médecine du 21e siècle est résolument moderne, car il est conscient du potentiel de la technologie et du temps qu’elle économise aux médecins.

La plupart des gens perçoivent les appareils d’imagerie par résonance magnétique et de tomodensitométrie comme des équipements médicaux, mais certaines des plus puissantes transformations de la médecine au Canada se produisent en aval de la rencontre patient-médecin. Par exemple, la clinique d’Albany – qui a été fondée en 1946 et offre aujourd’hui les services de 35 médecins de famille et de 44 spécialistes, travaille en partenariat avec TELUS Santé pour intégrer le dossier médical électronique (DME) à son fonctionnement.

Grâce au DME, les médecins peuvent consulter en toute sécurité les renseignements médicaux de leurs patients sur un ordinateur portable, une tablette ou un téléphone intelligent. Les nouvelles fonctions du DME, comme MedDialog, jouent un rôle crucial en permettant aux médecins d’envoyer des dossiers médicaux en toute sécurité à des confrères, et de moins dépendre d’outils peu efficaces, comme le télécopieur.

Pour les patients, l’incidence de cette technologie est évidente, que l’on pense au temps d’attente pour voir un spécialiste, au continuum de soins d’un fournisseur à l’autre ou aux précisions qui tardent à venir sur le traitement d’une affection mineure. De plus, améliorer les communications entre les médecins de famille et les spécialistes peut aider à réduire de 40 % le taux d’aiguillage des patients, selon des chercheurs du secteur de la santé au Canada.

Cette différence devient vitale pour les gens âgés, lorsqu’on sait que ces patients consultent en moyenne sept médecins dans quatre cliniques différentes chaque année. Chaque année aussi, les médecins soignants œuvrent avec près de 229 autres médecins dans 117 milieux de soins différents.

Durant les 12 derniers mois, la clinique d’Albany a collaboré avec TELUS pour procéder à une transformation numérique devant améliorer encore plus son fonctionnement et les soins aux patients. Cela touche les aiguillages internes et externes, les communications avec les hôpitaux au sujet des examens médicaux et le remplacement de systèmes désuets par des technologies compatibles avec le DME. La clinique poursuivra ces travaux en 2018 pour continuer à soutenir l’expérience des patients, notamment grâce à un système d’auto-inscription et de réservation de rendez-vous en ligne.

Le Dr Godfrey a lui-même allongé sa liste d’outils électroniques récemment en y ajoutant un téléphone intelligent. Son nouvel appareil a vite été mis à contribution lorsqu’une patiente d’origine russe s’est présentée à son bureau. Voulant bien s’expliquer, la dame s’est tout de suite tournée vers un outil de traduction en ligne.

« J’ai parlé en anglais et le téléphone lui a répondu en russe. Alors, elle a expliqué son problème de vive voix et le téléphone me l’a traduit en anglais.

Vous voyez, c’est ce que j’aime de la médecine. Elle nous fait vivre des choses fascinantes. »


Ce texte est la traduction française de l’article original publié d’abord dans le Financial Post, le 13 novembre 2017, durant la Semaine de la santé numérique.