Récentes réflexions

Évolution du champ d’exercice des pharmaciens

1 février 2013

Neveen Abdelsayed, BSc. Phm., RPh., CDE et Elaine McKenzie, BSP, MBA
Source : Perspective 2013 – par TELUS Santé

Quoi de neuf

Les promoteurs de régimes de l’Ontario ont sans doute eu vent de l’adoption par le gouvernement de cette province, en octobre 2012, de règlements qui permettent désormais aux pharmaciens d’offrir davantage de services aux Ontariens1.

L’évolution la plus perceptible réside dans le fait que des pharmaciens spécialement formés sont dorénavant habilités à administrer le vaccin contre la grippe, dans le cadre du Programme universel de vaccination contre la grippe de la province financé par le gouvernement ontarien. Les employés peuvent donc décider avec encore plus de latitude qu’avant où et quand se faire vacciner contre la grippe.

L’Ontario est-elle la seule province où les pharmaciens sont autorisés à administrer le vaccin contre la grippe?

Non. Les pharmaciens de la Colombie-Britannique, de l’Alberta et du Nouveau-Brunswick y étaient déjà autorisés.

Qu’est-ce cela peut signifier pour les promoteurs de régime ?

D’une part, cela contribue à la protection des employés contre la grippe. D’autre part, en Ontario et en Alberta, les honoraires des pharmaciens et le coût du vaccin sont pris en charge par la province, sans que les employeurs aient à payer quoi que ce soit.

Cela dit, la vaccination contre la grippe n’est que l’un des nouveaux services offerts par les pharmaciens à l’échelle du Canada.

Par exemple, le fait d’inciter les employés atteints de pathologies chroniques comme le diabète, l’asthme ou l’hypertension à faire réexaminer leur médication chaque année peut contribuer à améliorer leur santé et par conséquent à optimiser l’efficacité des régimes financés par les promoteurs. Même si l’étendue de l’examen de la médication diffère d’une province à l’autre, qu’il s’agisse de l’Ontario, de l’Alberta, de la Colombie-Britannique ou de la Saskatchewan, les personnes atteintes de pathologies chroniques ont la possibilité de demander chaque année à leur pharmacien d’y procéder afin de mieux comprendre en quoi consiste leur traitement et de veiller à consommer les bons médicaments, comme il se doit. Ce service est financé par la province, sans égard à la couverture privée dont bénéficie l’employé.

Quels autres services les pharmaciens prodiguent-ils aux employés?

Les services prodigués par les pharmaciens sont indiqués dans le tableau 1, ci-après, publié en octobre 2012 par l’Association des pharmaciens du Canada.

Table 1 : Résumé du champ d’exercice élargi des pharmaciens au Canada2

Pharmacists scope of practice and plan sponsors table 1

Tous ces services peuvent être utiles aux employés. Voici quelques exemples :

  • Renouvellement des ordonnances en cas d’urgence ou autre : Les pharmaciens peuvent désormais renouveler en soirée l’ordonnance d’un enfant qui souffre d’asthme, ou encore celle d’un employé qui présente des problèmes de tension et s’apprête à partir en voyage d’affaires. Le patient n’a plus à attendre un rendez-vous chez le médecin ou à s’absenter du travail pour se rendre dans une clinique sans rendez-vous.
  • Administration de médicaments par injection : Les pharmaciens sont autorisés à administrer aux patients leurs injections, ou à les aider à se les administrer eux-mêmes. Cela évite aux patients d’avoir à se rendre chez le médecin pendant leurs heures de travail.
  • Remplacement de médicament : Le pharmacien qui décèle un problème potentiel lié à un médicament quelconque peut recommander au médecin prescripteur de modifier l’ordonnance. La décision de modifier celle-ci ou non est prise en collaboration avec le médecin. La recommandation du pharmacien doit, cela dit, viser à procurer au patient le médicament le plus efficace, Elle ne doit pas avoir pour but d’éviter le dépassement du coût maximal autorisé et ne doit pas se solder par la fourniture au patient d’un médicament de qualité inférieure.
  • Rédaction d’ordonnances pour petits maux : Dans certaines provinces, les pharmaciens sont habilités à rédiger des ordonnances visant le traitement de petits maux (acné, herpès labial, rhinite allergique, etc.), ce qui évite au patient d’avoir à se rendre chez le médecin.

C’est en Alberta que l’éventail des services que les pharmaciens sont autorisés à prodiguer est le plus large. Le gouvernement albertain finance par ailleurs tous les services fournis par les pharmaciens à l’ensemble des résidents. En Ontario en revanche, le modèle de rémunération n’a pas encore été établi : sauf pour le vaccin contre la grippe, les pharmacies sont pour l’heure autorisées à facturer des frais minimaux pour les services fournis2.

Pourquoi les promoteurs de régimes doivent-ils s’intéresser aux services prodigués par les pharmaciens?

Un changement s’impose pour garantir aux Canadiens la prestation des soins de santé dont ils auront besoin demain. Partout au pays, les gouvernements provinciaux cherchent à renforcer l’accès aux soins de santé, à améliorer ceux-ci par une collaboration et une communication interprofessionnelles de meilleure qualité, à optimiser la contribution de tous les professionnels de la santé, ainsi qu’à permettre aux patients de prendre leur santé en main plus activement grâce à la prévention et à la gestion des pathologies chroniques.

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