Récentes réflexions

La technologie comme vecteur de transformation des soins

26 novembre 2018

Imaginez qu’un médicament pour l’hypertension artérielle couramment utilisé fasse soudainement l’objet d’un rappel. En tant que médecin, comment sauriez-vous combien de vos patients sont touchés par ce rappel et de quels patients il s’agit exactement? Devriez-vous parcourir une montagne de dossiers ou tenter de vous souvenir à qui vous aviez prescrit ce médicament?

Lorsque cette situation s’est produite l’été dernier, le Dr Kevin Brophy, médecin de première ligne à Ottawa, s’est servi des dossiers médicaux électroniques (DME) de sa clinique pour retrouver ses patients concernés et communiquer avec eux. Il les a rassurés et leur a fourni des renseignements pertinents à distance.

Âgé de 33 ans, le Dr Brophy a amorcé sa pratique avec la nouvelle vague de natifs numériques, qui ont tous grandi avec la technologie dans leur vie personnelle et universitaire.

« Quand j’étais plus jeune, mon père travaillait dans le domaine de l’informatique. D’aussi loin que je me souvienne, nous avons toujours eu un ordinateur à la maison, raconte le Dr Brophy. À l’époque, ma vie tournait autour des jeux vidéo; venaient ensuite les devoirs et la communication avec mes amis. Quand je suis entré en médecine, je ne me suis jamais demandé : “Vais-je utiliser la technologie?” La question a toujours été : “Comment vais-je l’utiliser?” »

Évidemment, le Dr Brophy s’est servi dès le début de sa carrière des outils numériques, particulièrement des applications électroniques en ligne et des nouvelles plateformes de communication. « Avant d’inaugurer ma propre clinique, j’ai travaillé dans des services d’urgence et des cliniques sans rendez-vous qui dépendaient encore largement des dossiers papier et des notes manuscrites», se souvient le Dr Brophy.

« Dès que j’ai ouvert ma clinique, je savais que j’intégrerais les DME, parce que je voulais avoir une vue d’ensemble de mes patients et m’assurer qu’aucun d’entre eux ne soit laissé pour compte. Et grâce aux fonctions mobiles, j’y ai accès partout où je vais. »

En plus des DME, le Dr Brophy se sert d’un site web sur mesure pour afficher des renseignements sur la santé à l’intention de ses patients et en utilise un autre pour collaborer avec des médecins. En outre, il compte sur un service de courriel pour transmettre en toute sécurité à ses patients des résultats de tests et des fiches d’information sur les affections et les traitements.

De nos jours, ces jeunes médecins ne s’attendent pas qu’à tirer parti des solutions technologiques, ils en favorisent l’adoption pour transformer la prestation des soins. À leurs yeux, la technologie est synonyme d’efficacité, de vision d’ensemble des antécédents médicaux et, par-dessus tout, d’amélioration des soins aux patients. Et ce n’est qu’un début.

« La technologie ne doit plus être perçue comme un objectif à atteindre; de nos jours, c’est une nécessité, note le Dr David Harrison, clinicien en pratique privée et ancien enseignant. Je suis dans la quarantaine, ce qui signifie que j’ai directement précédé les médecins ayant grandi avec la technologie. Nous avons fait beaucoup de chemin, mais d’importants progrès restent à faire. Nous les réaliserons par l’adoption d’approches novatrices et par la collaboration. »

La clinique entièrement intégrée du Dr Harrison, à Victoria, en Colombie-Britannique, utilise une solution de DME  hébergée sur le web de TELUS Santé accessible sur appareils mobiles. Elle lui confère un aperçu incomparable des antécédents médicaux de ses patients et assure le suivi des bilans de santé et des calendriers de vaccination. Le système s’adapte à ses préférences et à son style de travail en temps réel et l’aide à communiquer avec ses patients et d’autres spécialistes. Le Dr Harrison aide aussi des médecins à tirer le maximum des DME à titre de mentor pour Med Access, à Victoria.

De plus en plus de professionnels de la santé utilisent ce genre de ressources. Le virage numérique est appelé à se poursuivre avec l’adoption des dossiers de santé personnels (DSP) par les provinces, qui encouragera les patients à participer plus activement à leur programme de soins en leur permettant d’accéder à leurs renseignements de santé en tout lieu et en les mettant en lien direct avec leur équipe de soins.

Par ailleurs, les deux médecins ont l’intention de mettre en place un système de réservation électronique dans leur clinique. D’une part, les patients pourront gérer eux-mêmes leurs besoins en matière de soins et, d’autre part, les médecins et les administrateurs auront davantage de temps à consacrer aux besoins de leur pratique quotidienne.

« Les possibilités sont infinies. Grâce aux technologies émergentes, les médecins pourront collaborer avec les patients pour leur offrir les meilleurs soins qui soient, soutient le Dr Harrison. Les médecins qui amorcent leur pratique aujourd’hui ont déjà accès à une foule de solutions numériques. Nous vivons dans une époque exaltante. »