Récentes réflexions

Le rôle des dispositifs prêts-à-porter en santé

5 novembre 2014

Nick Zamora

Dans le monde de la santé grand public, les dispositifs prêts-à-porter se voient partout. Les dispositifs de suivi de la forme physique (Fitbit), les appareils intelligents (Google Glass) et les montres intelligentes (Gear Fit et Apple Watch) jouissent d’une popularité toujours grandissante, et l’on attend avec impatience la création d’autres produits par des entreprises pionnières comme Samsung, Google et Apple.

Selon les statistiques, cet engouement n’a rien de surprenant. Les dispositifs prêts-à-porter ont créé un nouveau marché en expansion. Leur croissance mondiale promet d’être fulgurante : on estime que le nombre d’appareils, qui s’élève à 19 millions en 2014, grimpera à 110 millions en 2018, atteignant ainsi un taux de croissance annuel de 78,4 %.[i] Au Canada, on s’attend à ce que le marché de 225 000 appareils en 2013 s’élève à près de 2,5 millions d’appareils vendus en 2018, pour un taux de croissance annuel de 61,2 %. Ce marché représente environ 2 % des activités mondiales et génère des revenus de près de 600 millions au pays. Il s’agit d’une part de marché considérable, particulièrement si l’on considère que les dépenses actuelles en TI du marché canadien sont évaluées à 2 milliards de dollars.[ii]

La popularité des dispositifs mobiles est indéniable. Ceux-ci mesurent l’activité physique, la distance parcourue, les foulées, le pouls et le sommeil, en plus d’offrir des données visant à encourager les Canadiens à adopter des habitudes plus saines. Cependant, il faut répondre à cette question importante : ces dispositifs ont-ils véritablement une incidence positive sur la santé ? Et, si c’est le cas, de quelle façon le système de santé peut-il profiter de cette tendance et des données recueillies ?

Des avantages personnels et sociaux

Ces dispositifs tendance et amusants recueillent des données et les traitent automatiquement afin d’évaluer la condition physique d’une personne et de déterminer sa volonté de mener une vie saine. Il a été prouvé que l’exercice, une alimentation adéquate, un bon sommeil et des activités sociales mènent à une vie plus heureuse et plus longue, avec des risques moindres de maladie. En fait, pour les personnes de plus de 40 ans, une étude a démontré que chaque minute d’exercice modéré à vigoureux peut accroître l’espérance de vie de 7 à 8 minutes.[iii]   Toutefois, la population présente des lacunes à ce chapitre. On estime en effet que l’inactivité coûte aux Canadiens 6,8 milliards de dollars par année, soit 3,7 % de l’ensemble des coûts en soins de santé. [iv]

Le problème, c’est qu’une personne peut vite oublier son dispositif prêt-à-porter au fond d’un tiroir, tout comme elle peut vite oublier sa résolution de s’exercer régulièrement à un centre de conditionnement physique. Une étude démontre que seulement 50 % des personnes utilisent encore leur appareil après 12 mois.[v]   Il n’en demeure pas moins qu’assurer sa santé nécessite un effort.

Notre première tâche consiste donc à encourager les gens à poursuivre leurs efforts et à continuer d’utiliser les dispositifs mobiles. La présentation intéressante des données, la liaison des données aux médias sociaux, les messages d’encouragement et la ludification des fonctions semblent être les ingrédients de choix pour stimuler un changement positif des comportements. J’ai beaucoup appris au sujet des appareils intelligents portables grâce à ma propre expérience avec le dispositif Fitbit qui m’a été offert dans le cadre d’une compétition entre équipes TELUS. Motivé par mon désir de perdre du poids et d’être à la hauteur pour mon équipe, j’ai utilisé les données du dispositif pour mieux comprendre mon programme habituel d’entraînement. J’ai découvert des façons pratiques d’être plus actif : utiliser les escaliers plus souvent au travail, prévoir des plages d’activité physique quand je travaille de la maison et accroître la distance de mes courses pour m’aider à atteindre mes objectifs. Une fois la compétition terminée, j’ai arrêté d’utiliser l’appareil comme la plupart des gens, et mon niveau d’activité a déjà commencé à diminuer. Dans mon cas, les connaissances que j’ai gagnées sur la façon d’être plus actif ne sont pas perdues. Il ne me reste qu’à les appliquer.

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