Récentes réflexions

Régime de soins et médicaments en voie de commercialisation

1 avril 2014

Neveen Abdelsayed, B.Sc. (phm.), R.Ph., CDE
Source : Perspective printemps 2014 – par TELUS Santé

En ce qui concerne les promoteurs de régime, les médicaments en voie de commercialisation (c’est-à-dire les médicaments à l’étude, dont la vente n’a pas encore été approuvée au Canada) influeront sur les caractéristiques et les coûts des futurs régimes. La mesure dans laquelle ils auront une incidence (élevée, faible ou aucune incidence) sur les régimes dépendra des variables fixées par les promoteurs, puisque cette incidence est fonction du nombre de participants touchés par la maladie ainsi que du coût du médicament.

La prévalence (nombre de personnes chez qui une affection est observée au sein d’une population donnée) des affections indiquées dans le présent compte rendu sur les médicaments en voie de commercialisation varie. On relève en effet des affections à forte prévalence telles que le diabète et l’hypercholestérolémie et des affections à très faible prévalence telles que l’hypertension artérielle pulmonaire ou la fibrose pulmonaire idiopathique, que l’on considère comme des maladies rares. Les maladies rares sont définies par Santé Canada comme des maladies touchant moins d’une personne sur 2 000 et sont traitées par des médicaments que l’on désigne sous le nom de médicaments orphelins.

Le coût du médicament ne peut habituellement pas être confirmé avant que celui-ci soit approuvé à des fins de vente, puis commercialisé au Canada. Toutefois, il nous est possible de jeter un coup d’oeil sur les médicaments qui font partie de la même classe thérapeutique afin de déterminer s’il s’agit de petites molécules (c.-à-d. administrées par voie orale) ou de produits biologiques ou si la classe intègre certains produits biologiques, s’il existe des versions génériques de ces médicaments, leur place dans le traitement (médicaments de première ou de deuxième intention, médicaments d’utilisation ultérieure), la mesure dans laquelle ils entraînent des améliorations cliniques ainsi que d’autres facteurs pouvant renseigner sur le coût.

Parmi les principaux médicaments en voie de commercialisation, citons une classe de produits biologiques novateurs indiqués dans le traitement de l’hypercholestérolémie. Il s’agit en fait d’anticorps monoclonaux dirigés contre la proprotéine convertase subtilisine/késine de type 9 (PCSK9). En temps normal, la PCSK9 entraîne une augmentation du taux de mauvais cholestérol, c’est-à-dire du cholestérol à lipoprotéines à basse densité (LDL-C). Les traitements hypocholestérolémiants classiques, comme les statines, stimulent la production de PCSK9, ce qui limite leur effet sur le taux de LDL-C. Le fait d’inhiber la PCSK9 permet donc de réduire le taux de LDL-C. Le programme d’essais cliniques de phase 3 porte sur l’administration du médicament (alirocumab) chez plusieurs groupes de patients, en association avec divers traitements et schémas posologiques, ce qui signifie que sa place dans le traitement et les utilisateurs cibles ne sont pas encore déterminés. Le prix du médicament suscite par ailleurs l’intérêt puisqu’il s’agit d’un produit biologique.

Dans le cadre de ce compte rendu sur les médicaments en voie de commercialisation, nous revoyons certains médicaments dont le profil a déjà été présenté (voir le tableau 2 ci-dessous), notamment le sofosbuvir indiqué dans le traitement des infections par le virus de l’hépatite C (VHC), qui a été approuvé en décembre 2013. Des essais cliniques révèlent toutefois que les traitements à base de sofosbuvir administrés à des patients infectés par le VHC sur une durée de 12 semaines affichent des taux d’efficacité et un profil d’innocuité plus élevés que ceux escomptés, tout en réduisant ou en éliminant le recours à l’interféron. Ces résultats peuvent être considérés comme une avancée par rapport aux trois produits déjà homologués au Canada, c’est-à-dire Incivek (télaprévir), Victrelis (bocéprévir) et Galexos (siméprévir), qui ont récemment révolutionné la norme de traitement contre l’infection au VHC puisque l’administration de ces médicaments, en association avec le peginterféron et la ribavirine, accroît le taux de réponse virologique soutenue (considérée comme une « guérison » sur le plan virologique), comparativement à l’administration de peginterféron et de ribavirine uniquement.

1 2