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Semaine du médecin de famille : soulignons leur contribution

10 novembre 2017

Dans le cadre de la Semaine du médecin de famille, nous soulignons le travail des médecins canadiens, qui contribuent à la médecine familiale et utilisent la technologie pour améliorer la santé et le bien-être des patients.

dr-sharon-dombVoici la Dre Sharon Domb, médecin de famille qui exerce en obstétrique depuis plus de 20 ans. La Dre Domb est également responsable des TI médicales de l’équipe de médecine familiale du Sunnybrook Health Sciences Centre, professeure agrégée à l’Université de Toronto et Peer Leader (conseillère) auprès d’OntarioMD depuis 2009. Coprésidente du groupe d’utilisateurs de DME du département de médecine familiale et communautaire de l’Université de Toronto de 2010 à 2016, elle a offert des conseils à de nombreux groupes universitaires et communautaires concernant la mise en œuvre et la bonne utilisation et les fonctions évoluées des DME.

Nous avons discuté avec la Dre Domb au sujet de la médecine familiale et de l’importance de la technologie dans les soins de santé.

 Qu’est-ce qui vous a poussée à devenir médecin de famille?

J’ai toujours aimé les sciences et j’étais fascinée par la médecine. Une carrière qui combine les sciences et le contact humain me semblait être la bonne voie à suivre.

La médecine familiale m’intéressait, compte tenu de la relation continue avec les patients. Il y a un aspect multigénérationnel, puisque nous nous occupons des patients dès l’accouchement et pour le reste de leur vie.

La médecine familiale vous stimule encore après 20 ans. Qu’est-ce qui vous permet de rester motivée? 

L’un des aspects les plus passionnants de la médecine familiale est la possibilité de traiter quatre générations de patients au sein d’une même famille. Ce domaine de la médecine se distingue des autres, car il permet de comprendre la dynamique de la famille et de solliciter le soutien de l’entourage du patient en cas de diagnostic difficile.

Récemment, une patiente montrait des symptômes de dépression post-partum. Avec une connaissance étoffée de ses antécédents familiaux, j’avais une compréhension approfondie de la situation pour faire le diagnostic. Il est très stimulant d’établir une telle relation avec les patients et de les connaître aussi bien. Cela me permet de leur offrir de meilleurs soins.

Vous êtes très active dans le milieu médical universitaire. Pourquoi est-ce si important pour vous?

Je crois qu’il est très important de penser à l’avenir. En restant au fait des technologies de pointe et des nouvelles pratiques, nous pouvons faire évoluer la médecine.

J’enseigne, car je veux faire en sorte que la prochaine génération poursuive cette évolution. Ces fonctions favorisent aussi ma propre croissance professionnelle. Lorsque j’enseigne et qu’on me pose des questions sur mes décisions, je dois expliquer mon raisonnement. J’adore contribuer au perfectionnement des jeunes médecins, mais les résidents m’apportent aussi beaucoup.

La technologie semble occuper une place importante dans votre travail de médecin. Pourquoi? 

J’ai toujours été convaincue que la technologie peut nous aider à relever des défis. En médecine comme dans d’autres domaines, il faut avoir une foule de renseignements sous la main, et il est impossible de tout savoir et de ne rien oublier.

Les outils technologiques efficaces permettent de stocker et de récupérer rapidement des renseignements, de suivre l’état des patients et de rester au fait des percées en médecine. J’étais l’une des premières à utiliser un iPad dans le cadre de mon travail pour être organisée et suivre l’évolution des articles médicaux. J’encourage les autres à apprendre comment ces outils fonctionnent et à les utiliser. Comme moi, ils en tireront beaucoup.

Que diriez-vous à ceux qui hésitent à utiliser la technologie?

Je vois très souvent cette réticence dans mon domaine. Je faisais en effet partie de la minorité à utiliser régulièrement la technologie pour le travail. Mon argument est le suivant : l’utilisation inefficace du temps coûte cher. En prenant plus de temps pour communiquer avec un patient ou récupérer ses renseignements, on gaspille les ressources en santé.

L’enseignement me donne confiance en l’avenir, car les médecins résidents que je côtoie connaissent bien la technologie. Il est désormais très rare de les voir prendre des notes sur papier. Je crois d’ailleurs que cette pratique sera de moins en moins fréquente, car les prochaines générations de médecins utilisent déjà la technologie au quotidien.

Que souhaitez-vous pour l’avenir des soins de santé?

J’aimerais beaucoup voir une véritable intégration de la technologie à l’échelle du Canada. Qu’une personne se rende à la pharmacie ou chez le médecin, il est important que tous les fournisseurs aient facilement accès à ses dossiers et puissent communiquer entre eux. Cette intégration n’est pas encore une réalité dans toutes les provinces. De nombreux fournisseurs communiquent encore par télécopieur.

Plus important encore, beaucoup de patients ne sont pas en mesure de parler de leurs antécédents. Pendant un examen de routine, les personnes en santé peuvent facilement parler de leurs antécédents ou des médicaments qu’elles prennent. Par contre, les patients âgés ou souffrants ont parfois de la difficulté à communiquer des précisions importantes.

Les progrès réalisés en Norvège ou en Alberta sont de parfaits exemples de la direction que doit prendre le Canada.