Récentes réflexions

Trois questions à poser sur le mieux-être en milieu de travail

27 avril 2015

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Dr Elaine Chin
Chef du service du mieux-être
TELUS Santé
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Martha Switzer
Cofondatrice et vice-présidente du marketing,
SPROUT

 

La valeur du mieux-être, soit l’adoption d’un mode de vie qui favorise l’exercice régulier et une saine alimentation en tenant à l’écart les habitudes malsaines telles que le tabagisme, est généralement reconnue. Personne ne remet en doute l’utilité des programmes de mieux-être en milieu de travail ni l’idée que la mise en place d’une culture du mieux-être en entreprise est salutaire pour les employés et, par extension, pour le système de soins de santé canadien. Après tout, chaque heure au Canada, il y a vingt nouveaux patients diabétiques et trois personnes qui meurent d’une crise cardiaque ou d’un accident vasculaire cérébral. Sans compter la prévalence du cancer, qui ne cesse de croîtrei.

À la lumière de ce qui vient d’être avancé, nous avons le devoir de nous demander si les programmes de mieux-être au travail se développent selon leur plein potentiel. Le présent article étudie trois questions auxquelles les employeurs canadiens devraient répondre au moment d’augmenter leurs investissements dans le mieux-être.

Selon le rapport sur le sondage Staying@Work 2014 de Towers Watson, plus de 30 % des entreprises multinationales canadiennes comptent actuellement une stratégie de mieux-être en milieu de travail, alors que 40 % prévoient en adopter une au cours des deux prochaines années. De tels programmes suscitent un intérêt croissant, mais force est de constater que près de 30 % des entreprises à l’étude n’ont aucune stratégie en la matière ni aucune intention d’en adopter une. Une question demeure : pourquoi autant d’employeurs sont-ils à la traîne?

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1. Pourquoi autant d’employeurs sont-ils à la traîne?

Les plus importants employeurs canadiens comprennent la valeur des programmes de mieux-être, même dans une perspective purement financière. Pourtant, il est déroutant de constater les retards du mieux-être en milieu de travail.

Une étude démontre que les entreprises dotées des programmes de santé et de productivité les plus efficaces comptent sur de meilleurs résultats sur le plan du capital humain et sur le plan financier : revenus par employé plus élevés de 11 %; 1,8 jours d’absence en moins par employé et par année; gains réalisés par les actionnaires plus élevés de 28 %ii. Par ailleurs, une étude américaine réalisée par l’université Harvard a démontré que les programmes de mieux-être en milieu de travail permettent également aux employeurs de réaliser des économies substantielles. Pour chaque dollar dépensé dans des programmes de mieux-être, les coûts médicaux diminuent d’environ 3,27 $ et les coûts liés à l’absentéisme diminuent d’environ 2,73 $iii.

Ainsi, les avantages financiers sont importants, mais les programmes de mieux-être en milieu de travail ont un potentiel de plus grande valeur encore : celui de prévenir des maladies. Les résultats du sondage Staying@Work 2013 de Towers Watson ont démontré que les employeurs aux États-Unis prêtent une grande attention au principe suivant : « un grand nombre » de programmes de santé sans stratégie globale ne représente pas une approche efficace pour inculquer des changements de comportements. À l’inverse, des programmes bien conçus favorisent la prévention de problèmes de santé évitables qui touchent les Canadiens et qui mettent à rude épreuve un système de soins de santé déjà surchargé.

 

 

Ce que les 100 principaux employeurs au Canada savent à propos des programmes de mieux-être :

Augmentation de l’engagement des employés de 96 %
Amélioration de la productivité de 76 %
Diminution des prestations pharmaceutiques et des coûts liés à l’invalidité de 54 %

Source: Medisys, résultats sur les soins de santé, 2013

 

2. Les programmes de mieux-être inculquent-ils des changements de comportement réellement bénéfiques?

Une épidémie d’obésité fait rage au Canada et dans le monde. Si la prévalence de l’obésité suit son cours actuel, près de la moitié de la population adulte sera en surpoids ou obèse d’ici 2030. Les enfants d’aujourd’hui pourraient fort bien être la première génération à mourir avant leurs parents, non pas à cause de la guerre ni de la famine, mais à cause des complications découlant de l’obésité. L’obésité est un précurseur du diabète, des maladies cardiovasculaires et du cancer et est responsable d’environ 5 % de la mortalité dans le mondeiv.

Le bon côté de la médaille, c’est que les taux à la hausse pour les maladies chroniques peuvent être améliorés. La clé est dans la prévention, rendue possible par l’adoption de comportements axés sur le mieux-être. Certes, la prise en charge individuelle est une composante essentielle. Parallèlement, les programmes de mieux-être en milieu de travail se retrouvent devant une occasion unique d’inculquer des changements de comportements réellement bénéfiques. Pour ce faire, ces programmes doivent s’élever au-dessus des considérations tactiques et trouver des façons de découvrir les signes avant-coureurs des trois grandes faucheuses et de s’y attaquer : la crise cardiaque, l’accident vasculaire cérébral et le cancer.

Détecter des modes de vie sous-optimaux grâce à des biomarqueurs

Nous vivons à une époque où les dispositifs et les applications liés au mode de vie sont abondants et continuent d’affluer de manière exponentielle sur le marché de la consommation. Ces applications fournissent des renseignements importants, notamment sur le degré des activités, les habitudes alimentaires, la quantité de sommeil et sa qualité. Les comportements d’une personne ont des répercussions sur son métabolisme, et ces répercussions sont mesurées par des biomarqueurs.

 

 

« […] les programmes de mieux-être en milieu de travail ont un potentiel de plus grande valeur encore : celui de prévenir des maladies.»

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