Récentes réflexions

Trois questions à poser sur le mieux-être en milieu de travail

27 avril 2015

Afin de bien comprendre comment parfaire les programmes de mieux-être, prenons en considération le dépistage des maladies cardiovasculaires et du diabète. La plupart des programmes de mieux-être reposant sur des examens et des biomarqueurs tiennent compte de la glycémie à jeun et du cholestérol. Il s’agit de marqueurs importants, mais lorsqu’ils sont élevés, il est déjà trop tard dans la progression de la maladie pour considérer d’éventuels effets préventifs. Il est possible de repérer des précurseurs plus prévisibles des problèmes cardiométaboliques avec l’hémoglobine glyquée (globules rouges recouverts de glucose, afin d’établir un contrôle glycémique à long terme) et des marqueurs de l’insuline. Le système traditionnel recourt à l’hémoglobine glyquée seulement lorsqu’une personne est déjà diabétique, afin de faire le suivi de l’efficacité du traitement pharmacologique. Là encore, il est tard dans la progression de la maladie.

L’association américaine du diabète, l’American Diabetes Association, considère maintenant que l’hémoglobine glyquée est un meilleur élément de dépistage que la glycémie à jeunv. Le dépistage à l’insuline, qui n’est pas utilisé de manière générale, est un autre biomarqueur prévisible qui peut être employé. Il peut indiquer à une personne qu’elle est à risque de devenir diabétique (résistance à l’insulinevi), et servir de déclencheur pour prendre des mesures préventives susceptibles d’éviter les dommages.

En donnant accès à davantage de renseignements sur le mode de vie et les biomarqueurs proactifs d’une personne dans le cadre de programmes de mieux-être, il est possible d’entrevoir que cette personne pourra intégrer des changements profitables à son mode de vie : meilleure alimentation, diminution du sucre, du sel et du gras, augmentation de l’activité et amélioration du sommeil. Autant d’éléments susceptibles de renverser les facteurs de risques liés aux maladies.

3. Rendons-nous facile et amusante à nos employés la tâche de prendre en main leur mieux-être?

Adopter de nouveaux comportements est difficile. La recherche scientifique démontre que les changements permanents au mode de vie requièrent au moins trois mois de persévérance à conserver de nouvelles habitudes . La prise en charge individuelle est essentielle. Le soutien d’un entraîneur et d’outils de mieux-être dans l’établissement d’objectifs et de plans est également un facteur important de réussite.

 

Particularités des programmes de mieux-être fructueux :

Promotion du mieux-être à partir du sommet. Tous les paliers de direction soutiennent activement le mieux-être et l’engagement envers la santé. Ces éléments s’inscrivent dans les priorités de l’entreprise et sont liés à ses valeurs globales.

Mise en place d’un réseau d’adeptes. Des plateformes sociales ou des outils particuliers permettent aux gens de se connecter entre eux, ce qui favorise la motivation, l’engagement et le plaisir entre pairs.

Compréhension des besoins des employés. La santé et la productivité sont considérées dans un sens large, en englobant les aspects physiques, psychologiques et émotionnels.

 

Nous sommes des êtres sociaux. Mettre nos amis et notre famille au défi de changer notre mode de vie augmente les probabilités que nous adoptions de nouveaux comportements de manière durable. Les programmes de mieux-être peuvent susciter la participation et l’engagement des employés en rendant ces derniers responsables envers eux-mêmes et envers leurs collègues. La technologie et les outils peuvent faire une grande différence dans l’adoption d’un programme de mieux-être. Le fait de compter sur un moyen facile de suivre les activités quotidiennes et de recourir aux leviers du jeu et des réseaux sociaux contribue à préserver la motivation des employés, en plus de favoriser les changements de comportements et la réussite du programme. Par ailleurs, il est également tout aussi important de doter les employeurs de moyens de mesurer les répercussions des initiatives de mieux-être sur leurs activités.

Conclusion

Il est grand temps de mettre fin aux appréciations réductrices de ce qu’est le mieux-être. Le seul moyen d’améliorer le mieux-être mental et physique des gens est d’adopter des modèles complets de mieux-être susceptibles de changer les comportements. M. BJ Fogg, de Persuasive Technology Lab à l’université Stanford, présente un modèle selon lequel les changements de comportements requièrent de la motivation et certaines capacitésviii. Mais plus important encore : ils doivent compter sur un élément déclencheur. Les données biométriques peuvent être cet élément déclencheur. Lorsque de telles données sont surveillées et interprétées par un conseiller en santé, elles peuvent servir de levier pour la prise en charge et l’obtention du soutien des proches, ce qui est un facteur de motivation supplémentaire.

Un plus grand recours aux solutions traditionnelles en matière de mieux-être, soit les séances de dépistage de l’hypertension, les programmes de lutte contre le tabagisme ou les dîners-conférences, ne se révèle pas efficace pour enrayer les conditions qui favorisent l’apparition de maladies chroniques. Pour être efficace, un programme de mieux-être doit favoriser l’adoption de changements qualitatifs durables dans le mode de vie motivés par des données biométriques personnalisées.


i Sites Web de l’Association canadienne du diabète, de la Fondation des maladies du cœur du Canada et de la Société canadienne du cancer.
ii Towers Watson, « Staying@Work », 2009
iii Université Harvard : Health Affairs. « Workplace Wellness Programs Can Generate Savings », février 2010
iv Document de réflexion du McKinsey Global Institute : Overcoming Obesity, novembre 2014
v American Diabetes Association
vi National Diabetes Information Clearing House
vii Huff Post Healthy Living, 10 avril 2015
viii behaviormodel.org

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